De l'**armistice de 1918** jaillit moins une paix qu'une époque en rupture. La **Première Guerre mondiale** n'épuise pas son emprise à l'automne 1918 — elle en transfère les traumatismes structurels à l'**Entre-deux-guerres**. Ce lien de causalité est radical : **Versailles**, censé refermer les blessures, n'ouvre que des plaies nouvelles. L'Europe de 1919-1939 vit entièrement dans l'ombre de quatre années de destruction. Les **démocraties fragiles**, les **nationalismes exacerbés**, la jeunesse désabusée qui dresse ses barricades artistiques — **Dada**, **surréalisme** — expriment tous ce legs inévitable. L'avant-garde culturelle devient le miroir exact du désenchantement politique : les certitudes du XIXe siècle s'effondraient déjà dans le gaz moutarde ; les formes anciennes achèvent de s'écrouler avec les régimes qui les portaient. Dire que la Première Guerre mondiale **inaugure** l'Entre-deux-guerres, c'est reconnaître que cette période de deux décennies n'est pas autonome, mais **fille de la Grande Guerre**. Elle en hérite l'état de crise permanent : vivre dans les décombres du monde d'avant, en cherchant vainement celui de demain.
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