1800–1850
Mouvement du début du XIXᵉ siècle exaltant l'émotion, le sublime et la couleur, de Delacroix à Turner en passant par Goethe.
Le Romantisme, mouvement qui se déploie en Europe entre 1790 et 1850, constitue la première grande réaction artistique contre les idéaux de raison, d'ordre et d'imitation hérités des Lumières et du néoclassicisme. En Allemagne, les frères Schlegel théorisent dès 1798 une esthétique du fragment, de l'ironie et de l'aspiration infinie ; en France, Delacroix proclame la primauté de la couleur sur le dessin et de l'émotion sur la règle ; en Angleterre, Keats, Shelley et Byron font du poète une figure de révolte cosmique. Ce mouvement n'est pas un style unique mais une énergie commune : la conviction que l'art doit exprimer la subjectivité, le sublime naturel et les forces obscures de l'existence.
La fécondité transversale du Romantisme est sans équivalent dans l'histoire culturelle européenne. En musique, Beethoven, Schubert, Schumann, Berlioz et Liszt développent des formes nouvelles — symphonie à programme, lied, poème symphonique — qui placent l'expression du moi au centre de la composition. En littérature, Hugo, Stendhal, George Sand et Keats réinventent le roman et la poésie. En architecture, le néogothique romantique de Viollet-le-Duc redécouvre le Moyen Âge comme réservoir de spiritualité perdue. La philosophie de Hegel et Schelling propose des systèmes dans lesquels l'art est la manifestation sensible de l'Idée absolue. Le Romantisme fixe ainsi les conditions dans lesquelles l'art moderne se comprendra lui-même jusqu'au XXe siècle.
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