Le mouvement **Dada** en peinture connaît ses derniers éclats durant les **années vingt**. Ce qui émergeait des ruines de la Grande Guerre—ce parti pris de destruction, cette négation systématique de l'art bourgeois—perd progressivement son unité idéologique. Entre 1920 et 1929, le **dadaïsme pictural** se fragmente, chaque artiste poursuivant sa propre logique du refus. Francis Picabia, Marcel Duchamp, George Grosz divergent dans leurs trajectoires respectives. La publication du **Manifeste surréaliste** par André Breton en 1924 marque symboliquement ce tournant: une nouvelle génération d'avant-garde entend canaliser l'énergie destructrice de Dada vers l'exploration méthodique de l'inconscient. Les peintres que le Dada avait rassemblés dans une commune révolte se dispersent. Certains bifurquent vers le **Surréalisme**, d'autres abandonnent l'avant-garde, tandis que le Dada lui-même s'étouffe dans ses propres contradictions. Ces **années vingt** constituent donc le crépuscule du mouvement—non pas son apothéose, mais son **achèvement paradoxal**: Dada meurt de s'être voulu éternel, remplacé par des projets plus structurés. La peinture d'après-guerre se réinvente sur ses cendres.
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