7 juin 1848 — 8 mai 1903
Le peintre qui a quitté l'Europe pour réinventer la couleur sous les tropiques — du synthétisme de Pont-Aven aux Marquises.
Musée d'Orsay, Paris
Paul Gauguin (1848–1903) quitte Paris pour Tahiti en 1891, mais son projet n'est pas l'exotisme : c'est la synthèse. Synthèse des arts primitifs océaniens et de la tradition européenne, des couleurs pures et des aplats décoratifs empruntés à l'estampe japonaise, du mythe polynésien et de l'iconographie chrétienne. Ancien agent de change reconverti en peintre, il incarne le rejet délibéré de la modernité bourgeoise — ce qui fait de lui un ancêtre du primitivisme du XXᵉ siècle.
Gauguin occupe dans l'Atlas un nœud stratégique entre plusieurs disciplines. Il est le lien vivant entre Van Gogh (avec qui il partage neuf semaines à Arles en 1888, dans la célèbre Maison Jaune), les estampes ukiyo-e qu'il collectionne, et l'art océanien dont il anticipe la réhabilitation. Sa rupture avec l'impressionnisme — refus de la représentation fidèle, affirmation des aplats colorés et des contours noirs — fonde le cloisonnisme qui influence directement le fauvisme de Matisse et le synthétisme d'Émile Bernard.
La même carte que l'Atlas mondial ↗, à l'échelle d'une vie : sa trajectoire dans le temps, puis la diaspora de son œuvre aujourd'hui.
Gauguin relie la peinture européenne, l'art océanien et le symbolisme — survolez un fil, cliquez une figure.
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