Le Boléro de Maurice Ravel, créé en 1928, épouse une stratégie musicale singulière : un thème unique, obsessionnellement réitéré, amplifié par couches successives d'orchestration jusqu'à l'ivresse vertigineuse. **Salvador Dalí** aurait perçu dans cette construction une forme achevée de sa propre méthode **paranoïaque-critique** — cette technique où une idée fixe se dilate jusqu'à **l'hallucination collective**. Car la déformation systématique du réel, chez Dalí, repose sur la répétition compulsive, l'amplification du trivial en spectacle de possession mentale. Le Boléro fonctionne musicalement comme une démonstration de ce principe : il capture comment l'obsession structure le chaos créatif. Ce n'est pas influence au sens romantique, mais **consonance structurelle** — deux artistes d'avant-garde qui exploitent l'amplification paranoïaque comme procédé générateur de forme. L'une s'écoute, l'autre se contemple ; ensemble, elles exhibent une **poétique de la saturation désintégrante**, où la répétition devient le scalpel qui dissout le réel pour en extraire l'essence surréaliste.
Lien probable, faisceau d'indices.