La Chapelle de Ronchamp, édifiée par Le Corbusier entre 1950 et 1955, incarne le dépassement de l'**architecture fonctionnaliste** vers une poétique de la forme libérée. Cette petite chapelle, nichée sur une colline de Haute-Saône, rompt délibérément avec les principes modernistes stricts que Corbu avait lui-même énoncés, pour embrasser une **géométrie organique** qui dialogue directement avec les recherches de l'**art abstrait** contemporain. Les formes sculptées de Ronchamp—sa toiture en aile de navire renversée, sa façade sud criblée de petites ouvertures, ses murs incurvés—échappent à toute logique de commodité. Elles relèvent plutôt d'une **composition plastique** où la lumière et la matière dansent comme dans les abstractions que Mondrian ou Kandinsky exploraient parallèlement. La chapelle elle-même devient *œuvre abstraite*, rejetant la décoration au profit d'une armature formelle pure. Ses volumes, sa couleur blanche éblouissante, la sévérité de ses espacements, fonctionnent comme des **signes visuels** détachés de toute représentation narrative. En franchissant le seuil de Ronchamp, on ne trouve pas d'église « fonctionnelle », mais un **manifeste en pierre** de la victoire de l'abstraction sur l'utilitarisme architectural.
Lien probable, faisceau d'indices.