Cindy Sherman et Andy Warhol partagent une **déconstruction radicale de l'image** comme objet de pouvoir. Warhol révèle, par la sérigraphie et la répétition, comment la culture de masse **fabrique ses idoles** — transformant Marilyn Monroe en produit interchangeable. Sherman, elle, **incarne cette fabrique** en se faisant elle-même support mutable de l'identité construite. Née dans les années 1950, Sherman grandit dans le régime médiatique que Warhol décortique. Elle hérite de sa question centrale — l'image possède-t-elle une réalité propre ? — et la pousse plus loin. Warhol utilise la sérigraphie pour **montrer l'image comme reproduction et artifice**. Sherman confisque la photographie — ce médium supposé de l'authenticité — pour la forcer à **avouer sa nature de construction performative**. Les *Untitled Film Stills* (1977-1980) constituent la réponse photographique à la critique warholienne : Sherman incarne des archétypes cinématographiques, jouant plutôt que peignant l'idole, la déshabillant en **mascarade visible**. L'influence warholienne persiste ainsi, non par imitation, mais par **radicalisation**. Les deux artistes déconstruisent l'image non pas en la niant, mais en la montrant comme le seul langage pour parler de soi et du monde contemporain.
Lien probable, faisceau d'indices.