Lorsque Igor Stravinsky arrive à Paris en 1920, exilé de la Russie bolchévique, il cherche désespérément un point d'ancrage. C'est là qu'intervient **Coco Chanel**, créatrice dominante de la Mode parisienne, elle-même architecte d'une rupture radicale : la libération du corset, la simplification moderniste du vêtement féminin. Entre la compositrice-mécène et le musicien révolutionnaire germe une complicité naturelle. Chanel n'hésite pas à le soutenir financièrement, à l'héberger, à placer son génie au cœur de ses salons. Cette générosité revêt une portée plus profonde : elle reconnaît chez Stravinsky un allié esthétique. Tous deux appartiennent à cette avant-garde qui refuse l'héritage XIXe siècle — lui par le **Sacre du printemps** et ses dissonances ébranlantes, elle par son sevrage du superflu ornemental. Cette alliance Mode-Musique, vécue comme un enjeu d'époque, montre comment les arts se fécondent. Chanel comprend que Stravinsky incarne, en sons, ce qu'elle incarne en couture : la liberté du présent face au poids du passé.
Lien probable, faisceau d'indices.