Hugo Pratt, créateur de **Corto Maltese**, a façonné son héros selon les principes nietzschéens du **Surhomme**. Corto incarne cette figure de l'homme qui **dépasse les conventions morales ordinaires**, naviguant entre continents et idéologies avec une autonomie totale, indifférent aux jugements du troupeau. Le personnage rejette l'obéissance aveugle : aventurier solitaire, il suit sa propre morale, celle de celui qui **crée ses propres valeurs** — fondement même de la pensée nietzschéenne. Ses quêtes ne relèvent jamais de l'idéologie servile ; elles naissent d'une volonté de **puissance créative**, d'expérience éprouvée plutôt que de doctrine reçue. Historiquement, Pratt, baigné dans la culture italienne d'après-guerre, circulait dans des milieux où la philosophie allemande renaissait librement après le fascisme. Le contexte graphique lui-même — ces paysages épiques, ces destins singuliers — traduit l'esthétique du dépassement. **Corto n'est pas un héros moral mais amoral**, traversant le monde selon l'**éthique aristocratique** chère à Nietzsche : créateur de sens dans un univers sans essence donnée. La bande dessinée de Pratt confère au **medium graphique** une profondeur philosophique rarement atteinte.
Lien probable, faisceau d'indices.