Diego Rivera, muraliste mexicain majeur du XXe siècle, incarne la transmutation de la théorie marxiste en langage visuel de masse. Adhérent du Parti communiste depuis 1922, il traduit systématiquement les concepts de **Karl Marx** en fresques monumentales, pensées comme sculpture du béton. Au Palacio Nacional de Mexico (1929-1935), où s'éploie son cycle « Histoire du Mexique », la **lutte des classes** marxiste devient **confrontation épique** de masses, les capitalistes et l'impérialisme prennent visage en figures grimaçantes, tandis que l'ouvrier et le paysan émergent en héros collectifs dominant les compositions. Là où Marx construit son argument par la rigueur du texte, Rivera le libère en perspective et couleur. L'influence demeure explicite : Rivera fréquente Moscou, digère directement les textes marxistes, conçoit son art comme **propagande révolutionnaire**. Mais son génie consiste à transcender le didactisme : ses murales épousent la verticalité baroque, la tension dramatique du Tintoret, humanisent l'analyse économique. La **philosophie matérialiste** ne s'énonce plus, elle **respire** sur le mur. Ainsi naît une œuvre où l'abstraction économique devient épopée visuelle, où le manifeste de papier s'agrandit jusqu'aux dimensions du bâtiment public, accessible au regard de chacun.
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