L'Entre-deux-guerres voit écrire **Franz Kafka** avec une intensité prophétique. Cet écrivain pragois, mort en 1924 mais dont l'œuvre rayonne pleinement dans les années 1920-1930, traverse une époque de **fracture métaphysique**. Tandis que le monde panse ses plaies et que les dictatures émergent en Europe centrale, Kafka capture l'essence même de l'absurde moderne : la **domination de l'appareil bureaucratique** sur l'individu. Ses romans, comme *Le Procès* ou *Le Château* — publiés posthumément par Max Brod — deviennent des métaphores vivantes de cet Entre-deux-guerres ébranlé. L'angoisse que ressent K., ce protagoniste piégé dans des labyrinthes administratifs, reflète l'impuissance des citoyens face aux États modernes. Kafka ne décrit pas l'Histoire ; il la pressent, la traverse par le filtre de l'angoisse personnelle. Résidant à Prague, ville-frontière en recomposition politique, **Kafka** observe comment le pouvoir moderne fonctionne en silence. Son regard minutieux sur l'autorité, sur le commandement invisible et omniprésent, résonne comme un avertissement. L'Entre-deux-guerres reconnaît en lui non pas un romancier de divertissement, mais un **diagnosticien** de la condition moderne — celui qui sait dire « oui » à l'absurde tout en le dénudant impitoyablement.
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