La période de l'Entre-deux-guerres constitue le théâtre d'une révolution conceptuelle dont Niels Bohr devient l'architecte intellectuel. À Copenhague, son institut attire les plus grands esprits de la physique moderne : Heisenberg, Dirac, Pauli, formant une communauté pionnière où se forge l'**interprétation de Copenhague**, réponse radicale aux énigmes soulevées par l'expérience. Bohr ne théorise pas dans l'abstrait ; il affronte directement le scandale logique de la mécanique quantique — cette indétermination constitutive qui ravage le déterminisme newtonien. L'**observation elle-même** devient créatrice de réalité, concept vertigineux que les expériences des années 1920-1930 ne cessent de confirmer. Ce renouvellement du regard scientifique s'inscrit dans l'atmosphère profonde de l'époque : après 1918, les fondations intellectuelles chancellent partout, et la physique, loin de restaurer l'ordre, accentue cette **incertitude ontologique**. Bohr comprend que le monde microscopique obéit à des lois radicalement différentes, que la **complémentarité** prime sur l'unicité des images. L'Entre-deux-guerres voit ainsi naître, par sa main et ses débats, une physique qui abandonne le rêve positiviste d'une nature transparente, pour embrasser le mystère comme catégorie de connaissance.
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