Federico Fellini a puisé dans l'héritage de Dante Alighieri une structure narrative profonde : celle des **cercles infernaux**, transposés en architectures urbaines et psychologiques. Dans ses films, notamment *8½* (1963) et *La Dolce Vita* (1960), le cinéaste italien ne cite pas seulement le poète florentin — il en adopte la méthode **morale et visuelle**. Dante offrait à Fellini un cadre : la descente progressive dans les couches souterraines de l'âme humaine. Chaque cercle dantesque correspondait à un type de culpabilité, de désir ou de perdition. Fellini appliqua cette **topographie psychique** à Rome, transformant les rues, les cabarets et les salons en espaces de révélation morale. Ses personnages, comme les pèlerins de la *Commedia*, rencontrent des figures exemplaires de déchéance urbaine. Ce qui distingue cette influence : Fellini ne représente pas l'enfer comme punition théologique, mais comme **expérience sensuelle et hallucinée**. Où Dante écrivait, Fellini filmait — il rendait visible l'invisible dantesque par le noir et blanc, les contrastes, les visages. Cette transposition du verbe au cinéma, de la Florence médiévale à la Rome moderne, constitue un pont rare entre **littérature épique et cinématographie existentielle**. Dante guide Fellini sous la Dolce Vita.
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