Le Fauvisme, entre 1905 et 1910, a opéré une **rupture fondamentale** : la couleur n'est plus au service de la représentation du monde, mais devient l'expression directe de l'émotion. Matisse, Derain, Vlaminck rejettent le mélange savant pour poser des teintes violentes, pures, arbitraires. C'est une libération radicale du medium. Federico Fellini hérite de cette philosophie dans le cinéma du XXe siècle. À partir des années 1960, particulièrement avec *La Dolce Vita* en technicolor et surtout *Huit et demi* (1963), il transforme l'écran en toile fauveenne. Les couleurs ne filment pas Rome ou un cirque : elles incarnent le chaos émotionnel, la séduction, l'absurde, le rêve d'un artiste fragmenté. Le lien unit deux révoltes contre le naturalisme. Le Fauvisme affirme : « la couleur jaune ne reproduit pas le tournesol, elle *crie* le tournesol ». Fellini répond : « la couleur rouge saturée du restaurant n'imite pas la réalité de la bonne société, elle *expose* son artifice et son mensonge ». Tous deux **peignent l'intériorité** par la couleur plutôt que par la forme. C'est une convergence d'imaginaires : même refus de l'illusionnisme, même affirmation que l'art peint les sensations et les visions, jamais le monde tel qu'il est.
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