Contemporains de l'effervescence parisienne, **Georges Seurat** et **Vincent van Gogh** partagent une obsession centrale : libérer la couleur de ses chaînes académiques. Lorsque Seurat expose « Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte » en 1886, van Gogh saisit immédiatement l'enjeu révolutionnaire du **divisionnisme** — cette décomposition optique de la couleur en touches minuscules mais calculées. Fascination sincère : van Gogh y voit une science directement applicable à son propre besoin viscéral d'intensité émotionnelle. Entre 1887 et 1888, il expérimente lui-même cette technique pointilliste dans ses toiles parisiennes, avant de s'en libérer radicalement pour inventer son langage expressionniste en Arles. Seurat représente le pôle rationnel du projet chromatique moderne ; van Gogh le pôle passionnel. L'influence demeure discrète mais décisive : van Gogh n'adopte pas le système de Seurat, il le traverse, le transforme, le transcende. De cette rencontre brève et féconde émerge la tension créative qui façonne la peinture moderne.
Lien probable, faisceau d'indices.