Si Claude Debussy a révolutionné la musique en tant que compositeur impressionniste, c'est notamment sous l'influence d'une prose qui lui semblait déjà musicale : celle de Gustave Flaubert. Le grand écrivain français, perfectionniste obsessionnel du style, avait construit une littérature où chaque mot résonne non seulement par son sens, mais par sa sonorité brute. Cette attention obsédante à la **texture sonore** — au rythme de la phrase, à l'harmonie des syllabes — fascina le jeune Debussy. Lorsque l'auteur de Madame Bovary parlait de faire « chanter » une phrase, il ne métaphorisait pas : il décrivait un acte de **composition** à part entière. Debussy, admirateur de la littérature symboliste, reconnaissait dans la prose flaubertienne cette même quête impressionniste de nuance, d'**atmosphère** plutôt que de narration directe. La notion de « rythme » chez Flaubert — non linéaire, constamment modulé — résonne dans les **gammes** et les **progressions d'accords** de Debussy. Cette influence se lit dans le titre même de ses pièces, souvent empruntées à des poètes, et surtout dans l'idée que la **forme** musicale doit suivre un instinct sensible plutôt qu'une logique stricte. Deux créateurs d'une même **sensibilité moderne**, séparés par la partition et la page.
Lien probable, faisceau d'indices.