Parler de Jackson Pollock sans référence à Picasso serait occulter un enjeu majeur du XXe siècle : comment rivaliser avec ce géant ? Le maître catalan a réinventé la vision occidentale par le **cubisme**, fragmentant la figure en cristaux simultanés. Pollock arrive à la maturité aux États-Unis dans les années 1940, hanté par cette énigme : comment égaler une telle portée ? Non par imitation, mais par **rupture radicale**. Influencé par les muralistes mexicains autant que par le cubisme lui-même, il en tire une leçon inverse : si Picasso reconstruit l'image par la géométrie, pourquoi ne pas l'**abandonner à la liberté du geste** ? Le **dripping** devient sa réponse — non ornement, mais **poétique du processus**. Tandis que Picasso ordonne et déconstruit, Pollock accepte la **contingence du mouvement**, transformant la toile en **arène physique**. Ce n'est point une filiation mais une **rivalité créatrice** : deux peintres modernistes se mesurent à l'aune d'une même obsession — refonder ce que peut la peinture à l'ère de l'abstraction.
Lien probable, faisceau d'indices.