John Lennon n'a jamais caché sa dette envers le **surréalisme**. Lorsqu'il compose « Lucy in the Sky with Diamonds » en 1967, c'est explicitement la logique **onirique et fragmentaire** des Dalí et des Magritte qu'il transpose dans la musique. Les images hallucinogènes — « tangerine trees and marmalade skies », chevaux de bois dansant sur des terrains de football — ne sont pas des figures poétiques ordinaires : ce sont des **associations libres** appliquées à la composition musicale, une pratique que les surréalistes revendiquaient sur le papier depuis trente ans. Avec « I Am the Walrus », Lennon pousse cette logique jusqu'à la provocation : les paroles deviennent **énigme délibérée**, refusant le sens logique au profit de la pure sensation et du jeu phonétique. Ce qui distingue ce pont entre **musique et peinture**, c'est que Lennon ne se contente pas de citer le surréalisme — il l'**actualise dans un nouveau medium**, libérant ses principes de la toile pour les insuffler dans le son. C'est la preuve vivante que le surréalisme n'était jamais une simple école de peinture, mais une **poétique de la conscience** exportable dans tous les langages artistiques.
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