Le jeu vidéo Journey, créé en 2012 par thatgamecompany, transpose sous forme interactive les principes du **bouddhisme zen** — réduisant l'expérience à sa plus simple expression narrative et ludique. Fuyant les mécaniques traditionnelles de victoire et de défaite, le jeu propose une **esthétique du cheminement** : un personnage traverse des déserts de sable, des ruines, des montagnes, sans autre objectif que la contemplation du paysage. Cette dépouille formelle — pas de dialogues, pas d'interface textuelle — rejoint le **précepte zen du silence parlant**. Thatgamecompany a délibérément supprimé les stimuli compétitifs pour cultiver l'introspection, mimant la méditation **soto zen**, où l'assis-seul-en-silence débouche sur la compréhension du vide. L'absence de communication nominale lors des rencontres éphémères avec d'autres joueurs restitue l'**impermanence bouddhiste**. En 2014, le critique philosophe Ian Bogost remarquait déjà que Journey réussissait à spiritualiser le medium ludique — une prise de position rare dans une industrie structurée par le spectaculaire et l'addiction.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.