Les Aventures de Tintin n'ont jamais fermé la porte au **Surréalisme** — elles l'ont plutôt entrouverte avec curiosité. Créateur belge des années 1930, Hergé respire le même air que les peintres qui théorisent l'inconscient : il suffit d'explorer **Le Lotus bleu** (1936) pour sentir basculer la narration vers des paysages inattendus, des villes qui se dissolvent, des perspectives qui épousent la logique du rêve plutôt que celle du réel. L'album inaugure aussi l'adoption de la couleur chez Hergé, détail symbolique : le passage vers des univers moins réalistes, plus sensibles aux atmosphères mentales. **L'Île noire** prolonge cette incursion. Ses architectures labyrinthiques, ses éclairages étranges, ses moments d'**onirismes visuels** racontent une aventure qui oscille entre détective réaliste et explorateur du rêve. Voilà le pont secret entre BD et Surréalisme : tous deux font de l'image plastique un **langage de l'inconscient**. Où les peintres usaient du pinceau automatiste pour tracer l'intraçable, Hergé compose à la ligne claire des univers mentaux en noir et blanc d'abord, puis en couleur. Même ambition, idiomes différents, une fascination commune pour ce qui persiste quand la raison s'endort.
Lien probable, faisceau d'indices.