Isaac Newton posa en 1666 le fondement scientifique de la photographie couleur en décomposant la lumière blanche à travers un prisme, révélant que la couleur naît de la séparation des longueurs d'onde. Deux siècles plus tard, **Louis Lumière**, inventeur du cinéma, s'empare de cette théorie oubliée pour résoudre l'énigme de la couleur en images animées. En 1904, Lumière brevette l'**Autochrome Lumière**, appliquant directement le principe newtonien : une plaque de verre recouverte de millions de grains de fécule teintés en rouge, vert et bleu agit comme autant de petits prismes. Chaque photon lumineux se décompose et se filtre selon ces trois couleurs primaires, puis se recompose chimiquement lors du développement. Le spectacle coloré émerge ainsi d'une **optique de la clarté**. Le génie du lien réside dans la **technologisation** : Lumière ne spécule pas sur Newton, il l'incarne en mécanisme. L'abstraction mathématique du prisme devient instrument de captation, poésie visuelle matérialisée. L'Autochrome règne jusqu'aux années 1930, apportant aux premiers films la palette de la Belle Époque. Cette invention luminifère prouve que le cinéma en couleur devait tout à la géométrie optique du savant anglais — le pont entre Science et Cinéma s'édifiait sur le spectre invisible rendu visible.
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