Maurice Béjart et Dionysos incarnent une même **révolte contre l'ordre établi**. Le dieu antique du vin, du théâtre et de l'extase a toujours menacé les hiérarchies rigides ; le danseur français du XXe siècle a fait de même avec le ballet classique. Chez Béjart, le mouvement se libère de la verticalité austère des traditions pour chercher une **ivresse corporelle** viscérale, impulsive, désinhibée. Ses créations, notamment celles nourries par la mythologie antique, transgressent l'éthique de la retenue en faveur d'un débordement sensuel où chaque geste exprime une forme de possession rituelle. Ce n'est pas par hasard que les chorégraphies béjartiennes respirent une certaine **démesure dionysienne** : elles refusent la perfection glacée pour célébrer l'imperfection, l'émotion brute, le corps qui se donne sans calcul. Ainsi, Béjart reconstitue en mouvement ce que les Grecs appelaient l'**mania** — cette folie sacrée où l'individu s'oublie dans le collectif. La danse devient alors un **rituel moderne** où persiste l'écho du culte antique, transformant le plateau en espace de transgression et de régénération.
Lien probable, faisceau d'indices.