Michel de Montaigne jette en 1580 les fondations d'un doute radical; ses Essais, notamment l'« Apologie de Raimond Sebond », démantèlent les certitudes héritées: ni l'autorité des anciens, ni la raison seule ne garantissent la vérité absolue. C'est une **philosophie de l'humilité épistémique** qui circule rapidement en Europe. Quelques décennies plus tard, Galilée emprunte cette voie. Armé de sa lunette vers 1610, le savant italien affronte directement les dogmes aristotéliciens, observant les **taches solaires**, les lunes de Jupiter, les cratères lunaires. À chaque observation contredisant les textes consacrés, Galilée exerce le scepticisme que Montaigne a philosophiquement préparé. L'empirisme galiléen n'est pas né du néant: il repose sur cette culture du doute méthodique, sur l'idée montaignienne que **l'expérience sensible l'emporte sur l'obéissance aveugle aux auctorités**. Montaigne penseur pré-scientifique, Galilée homme de science: ensemble, ils franchissent le pont où la Philosophie reconnaît qu'elle a besoin des faits pour dialoguer avec le monde.
Lien probable, faisceau d'indices.