Dire que le Louvre « conserve » Eugène Delacroix revient à employer un verbe trop faible. Le peintre français du XIXe siècle, figure de proue du romantisme pictural, n'a pas seulement déposé ses toiles entre ces murs : il a profondément remodelé la narration que le Louvre ambitionne de l'art. Ses chefs-d'œuvre — dont *La Liberté guidant le peuple* (1830), toile où la **couleur** s'émancipe enfin de la ligne classique — structurent le parcours que traverse chaque visiteur. Ce n'est guère un hasard : en accueillant Delacroix avec ses violences de teinte et ses compositions fiévreuses, le Louvre a consacré le tournant révolutionnaire que le romantisme imposait à la **peinture**. L'institution légitimait bien plus qu'un artiste — elle validait une nouvelle **grammaire visuelle**. Observer aujourd'hui Delacroix au Louvre, c'est saisir le moment précis où la **peinture française** a cessé d'obéir aux canons académiques et a commencé à respirer.
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