En 1949, Osamu Tezuka, jeune mangaka à peine sorti de l'adolescence, rencontre l'**expressionnisme cinématographique** de Fritz Lang. **Metropolis** l'ébranle : une ville verticale, des murs de béton et d'acier, des êtres écartelés entre machine et humanité. Mais Tezuka ne se contente pas de la contempler — il la redessine. Son **Metropolis en manga**, publié en feuilleton, est une traduction vertigineuse : chaque plan du film se transforme en **planche de BD**, chaque échelle de profondeur cinématographique se redéploie dans la **grammaire séquentielle** du dessin. C'est là qu'émerge le pont : Tezuka prouve qu'une œuvre de cinéma allemand des années 1920 peut vivre une **deuxième existence** entièrement nouvelle dans le corps de la **bande dessinée japonaise**. Cette adaptation invente, en même temps qu'elle traduit. Elle engendre une **syntaxe inédite** où le manga devient capable d'accumuler la **densité visuelle du cinéma expressionniste**. Les planches deviennent symphonies visuelles. À partir de là, Fritz Lang ne quitte plus le Japon : toute la **science-fiction manga** du demi-siècle suivant — d'**Astro Boy** aux mondes cyberpunk — naît de cette fusion improbable entre Metropolis et le trait de Tezuka.
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