Le voyage de Dante dans la Divine Comédie emprunte à une architecture narrative aussi ancienne que l'Égypte pharaonique. **Osiris**, dieu égyptien de la mort et de la résurrection, incarne un cycle immuable : descente aux enfers, jugement des âmes par **Anubis** et **Thot**, puis résurrection divine. Cette trame mythologique, consignée dans le **Livre des Morts**, structure exactement le parcours que Dante imaginera sept siècles plus tard, guidé par **Virgile**. Le poète romain, figure tutélaire du Moyen Âge, connaissait les traditions égyptiennes transmises par Hérodote, Ovide et surtout **Plutarque**, dont les traités comparaient les mystères égyptiens aux croyances gréco-romaines. Lorsque Dante élabore sa trilogie infernale — **Enfer, Purgatoire, Paradis** — il réactive involontairement ce schéma osirien : une **descente rituelle** aux royaumes souterrains, un **jugement sans appel** des âmes (incarné par **Minos** et les anges), une **résurrection spirituelle** culminant dans la vision béatifique. Le **Duat égyptien** devient **Florence dantienne**. Pas de simple imitation : c'est l'universalité du mythe qui traverse les siècles. Dante et Osiris disent la même chose : qu'on ne peut accéder à la lumière qu'en traversant l'obscurité de soi-même, qu'aucune transformation spirituelle n'échappe au jugement, et que la poésie elle-même est un acte de **résurrection du sens**.
Lien probable, faisceau d'indices.