Philip Glass a puisé dans la musique de Ravi Shankar bien des secrets de son propre langage minimaliste. Alors que le musicien indien construisait ses **ragas** en architecte de la durée et de la répétition, Glass découvrait dans ces mêmes principes — la **modularité**, l'accumulation graduée, la tension entre stabilité et variation — les fondations de sa propre révolution formelle. Rencontres de concerts, enregistrements écoutés à New York : à travers les années 1960, la **subtilité structurelle** de Shankar n'a cessé de murmurer à l'oreille occidentale que la répétition n'était pas pauvreté, mais richesse. Glass l'a appris et transformé. Ses pièces en arpeggios cascadants doivent quelque chose à cette traversée méditative, à cette patience indienne face au temps musical que Shankar incarnait. Deux univers — la **tradition raga** et l'avant-garde minimaliste — se rencontrent ainsi dans les partitions de Glass : preuve que l'influence majeure n'exige ni ressemblance immédiate ni copie, mais cette fécondation souterraine par laquelle une esthétique transforme une autre à mille lieues de sa source.
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