La **mythologie grecque** et le **réalisme magique** partagent une même économie du merveilleux : l'absence de stupéfaction face à l'irruption du divin. Quand Athéna guide Achille ou que Poséidon foudroie les prétendants, les héros de l'Iliade et l'Odyssée ne s'étonnent guère. De même, dans Cent ans de solitude, García Márquez normalise l'extraordinaire—Remedios la Bella monte aux cieux tandis que ses proches plient le linge, indifférents à ce qui serait, ailleurs, rupture ontologique. Cette parenté révèle une **posture narrative commune** : ni l'une ni l'autre n'envisagent le surnaturel comme transgression. En Grèce ancienne, le monde des mortels respirait le divin sans exclamation. Le courant littéraire du réalisme magique, florissant en Amérique latine au XXe siècle, restaure cette acceptation du prodigieux dans le tissu social ordinaire. Les deux univers construisent leur réalité sur l'**indistinction des mondes**, où morts et dieux circulent comme les vivants. Cette homologie entre l'Hellade antique et la prose moderne trace un pont inattendu : le fantastique n'a jamais eu besoin de surprise pour exister.
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