Pour Nietzsche, la **volonté de puissance** désigne l'affirmation créatrice contre les normes du troupeau. Zaha Hadid transpose cette philosophie en formes bâties. Ses édifices répudient la **ligne droite** — l'ordre moderniste qui régnait par grilles cartésiennes — et épousent des courbes organiques, des volumes refusant toute subordination rectiligne. Le Heydar Aliyev Center de Bakou (2012) cristallise ce geste radical : zéro angle droit, flux volumétrique continu, surface qui s'affirme sans permission. Entre la critique nietzschéenne du ressentiment moral et l'énergie rebelle que Hadid grave sur chaque façade courbe s'établit une **convergence souterraine**. Le bâtiment n'est ni ornement passéiste ni fonctionnalisme assujetti : il devient **manifestation corporelle de puissance**. Chaque courbe affirme un droit à l'existence indépendamment des codes hérités. Que Hadid construise contre le passé, refuse l'ordre imposé, signe sa liberté en béton armé — c'est reconnaître le même appel nietzschéen : créer, c'est franchir.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.