1932–1986
Cinéaste soviétique de Stalker et Le Sacrifice.
Andreï Tarkovski (1932–1986) crée entre 1962 et 1986 sept longs-métrages — *L'Enfance d'Ivan*, *Andreï Roublev*, *Solaris*, *Le Miroir*, *Stalker*, *Nostalghia*, *Le Sacrifice* — qui constituent l'une des œuvres les plus cohérentes et les plus exigeantes de l'histoire du cinéma. Sa « sculture du temps » — notion développée dans son livre *Le Temps scellé* (1986) — fait de la durée, de la lenteur et du plan-séquence les outils d'une méditation sur la mémoire, la foi et la condition humaine. Ses films ne racontent pas d'histoires au sens traditionnel : ils créent des états de conscience que le spectateur traverse à son propre rythme.
Tarkovski est le cinéaste le plus cité par les réalisateurs contemporains comme influence décisive. Lars von Trier, Terrence Malick, Alfonso Cuarón, Carlos Reygadas et Aleksandr Sokurov reconnaissent chacun sa dette envers ses plans longs, ses textures aquatiques et son usage de la musique de Bach et Verdi comme structure temporelle du film. Ses décors de ruines inondées — *Stalker*, *Nostalghia* — sont devenus des icônes visuelles de la mélancolie et de la méditation. En dehors du cinéma, son œuvre influence les installations vidéo de Bill Viola et les performances de Marina Abramović, qui partagent sa conviction qu'une image peut générer une expérience spirituelle si on lui donne le temps de se développer.
La même carte que l'Atlas mondial ↗, à l'échelle d'une vie : sa trajectoire dans le temps, puis la diaspora de son œuvre aujourd'hui.
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