*2001, l'Odyssée de l'espace* est d'abord une **prophétie visuellement matérialisée** : Kubrick et Arthur C. Clarke plongent le spectateur dans un univers où la conscience elle-même franchit ses frontières. Dix-sept ans après Spoutnik, le film enregistre l'émerveillement et l'angoisse d'une époque face à l'infini cosmique. Or, en 1965-1966 lors du tournage, **Stephen Hawking** – mathématicien de 24 ans seulement – pose les fondations qui bouleverseront la cosmologie : les trous noirs ne sont pas des puits éternels mais des objets thermodynamiques **qui rayonnent et s'évaporent**. Une fin programmée au cœur du vide. Entre le **monolithe noir** kubrickien – symbole d'une transformation abrupte et irrépressible – et les **horizons d'événement** que Hawking étudie se dessine une fascination commune pour la **mutation radicale du réel**. Le film propose une odyssée métaphysique de l'humanité face à son propre dépassement ; Hawking le pense physiquement, expliquant comment l'univers violente l'information aux confins du temps lui-même. L'un imagine l'évolution de l'espèce ; l'autre calcule sa possible dissolution cosmique. Tous deux refusent de cloisonner poésie et science, contemplant ensemble cet infini qui ne cesse de nous interroger.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.