1968
Le film de Kubrick : de l'os préhistorique au fœtus stellaire, une méditation sur l'évolution — ouverte sur Ainsi parlait Zarathoustra.
*2001 : L'Odyssée de l'espace* (1968) de Stanley Kubrick est le film qui invente les codes visuels de la science-fiction réaliste et démontre que le cinéma peut traiter de questions philosophiques — l'origine de l'humanité, le devenir de la conscience, la relation entre technologie et évolution — avec la rigueur formelle d'une œuvre d'art majeure. La scène d'ouverture, « L'Aube de l'humanité », montre des primates découvrant l'outil sous la forme d'un monolithe noir, puis un os lancé en l'air qui se transforme en vaisseau spatial : ce raccord de quatre millions d'années en un seul plan est le montage le plus commenté de l'histoire du cinéma.
L'influence de *2001* sur la culture visuelle du XXe siècle est immense et paradoxalement difficile à attribuer, tant ses innovations sont devenues des standards invisibles. Ses effets spéciaux — créés sans ordinateur par Douglas Trumbull — restent des références cinquante ans plus tard ; *Star Wars* (1977) et *Blade Runner* (1982) s'en revendiquent directement. La bande-son — Strauss, Khachaturian, Ligeti — impose la musique de concert comme matière naturelle du cinéma de science-fiction. En art contemporain, l'objet-monolithe de Kubrick apparaît dans des dizaines d'installations, hommages et détournements. Le film pose une question que la philosophie, la neuroscience et l'intelligence artificielle n'ont pas encore résolue : qu'est-ce qui distingue la machine de l'être conscient ?
La même carte que l'Atlas mondial ↗, à l'échelle d'une vie : sa trajectoire dans le temps, puis la diaspora de son œuvre aujourd'hui.
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