Le Corbusier ne regardait pas l'art africain comme un exotisme esthétique, mais comme une **leçon d'économie architecturale**. Cet architecte suisse, obsédé par la pureté des formes et la réduction au strict nécessaire, découvrait dans les masques, les statuettes et les objets rituels africains la manifestation d'une discipline formelle qu'il considérait comme universelle. Sa collection personnelle d'art africain — pièces qu'il accumule dès les années 1920 et qu'il intègre dans son atelier parisien — devient moins une curiosité qu'un **manuel plastique** constant. Cette fascination révèle un pont capital entre la peinture et l'architecture : l'art africain enseigne à éliminer l'ornement superflu. Les volumes épurés des **sculptures nègres**, comme il disait alors, résonent avec son credo d'une beauté fondée sur la proportion et le dépouillement. Pour Le Corbusier, les créateurs africains avaient d'instinct capturé ce que le modernisme occidental cherchait laborieusement : une **géométrie humaine**, débarrassée du baroque, du détail inutile, du charme petite-bourgeois. Cette vision de l'art africain — probablement simplifiée, mais structurante — alimente directement son langage architecturale : les cylindres purs de Ronchamp, la bétonné élémentaire de La Cité Radieuse, l'absence de façade ornée. L'Afrique, filtrée par le cubisme et le primitivisme parisien, devient l'**fondation secrète du style international**.
Lien probable, faisceau d'indices.