Paul Gauguin meurt à Hiva Oa en 1903 ; Pablo Picasso, alors en pleine jeunesse parisienne, ne rencontrera jamais le maître, mais héritera de sa plus puissante leçon. Lorsque le jeune Espagnol découvre les toiles de Gauguin — ces visages tahitiens aux traits simplifiés, ces **couleurs arbitraires** émancipées du devoir de ressemblance —, il reconnaît une **libération formelle** qui le galvanise. Gauguin a brisé le tabou de la **perspective** classique ; il a montré qu'une **couleur** pouvait naître du désir émotionnel plutôt que de l'observation. Cette nouvelle **syntaxe** devient la chambre d'écho du cubisme. Dans les *Demoiselles d'Avignon* (1907), on retrouve la marque gauguinienne : des **formes** géométrisées, des visages fragmentés, une palette où la teinte dit autant que le contour. Picasso n'invente pas seul le cubisme ; il systématise la **réinvention** que Gauguin avait inaugurée en Bretagne puis en Polynésie. Le fugitif de Tahiti, en refusant l'académie du Nord, ouvre à Montmartre un atelier invisible où le jeune peintre espagnol apprend que la peinture n'appartient pas à l'histoire ; elle appartient à la liberté.
Lien probable, faisceau d'indices.