Quand l'Inde indépendante se choisit une capitale en 1947, elle confie au Suisse **Le Corbusier** le projet d'une cité sans passé, bâtie d'une pièce selon les principes du modernisme. À Chandigarh, grilles orthogonales, **Modulor**, proportions de béton blanc — naît aussi une nouvelle scène artistique où **Ravi Shankar**, maître reconnu de la musique classique indienne, établit son foyer créatif. Ses élèves afflueront bientôt à Chandigarh, attirant l'avant-garde musicale de l'Inde naissante. L'architecture de Le Corbusier — épurée, géométrique, d'une logique inattaquable — porte une parenté souterraine avec la **raga**, système sonore fondé sur des proportions mathématiques tout aussi strictes. Entre les escaliers du **Palais de l'Assemblée** et les terrasses de la cité, se tisse un dialogue invisible : celui de deux langages de l'harmonie, le bâti et le vibrant, qui répondent à une même exigence de rigueur. Chandigarh révèle comment la modernité, qu'elle soit béton ou musique, n'abandonne jamais ce qui l'anime au plus profond : une architecture secrète du monde.
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