Quand Vincent van Gogh pose son dernier **pinceau** en juillet 1890, Edvard Munch, jeune peintre norvégien à peine âgé de vingt-sept ans, cherche encore sa langue picturale. Trois années plus tard naîtra *Le Cri*, ce hurlement silencieux proclamant une vision du monde à jamais troublée. Entre ces deux dates s'échange un dialogue discret : van Gogh, par ses toiles fulgurantes — **couleurs convulsées**, traits qui dansent comme des fièvres —, révèle au Norvégien l'idiome d'une peinture viscérale. Les expositions parisiennes permettent à Munch de contempler cette gestuelle nouvelle, ce refus de la sérénité académique. Il en retient une conviction majeure : le **trait se fait véhicule de l'angoisse intérieure**. Comme van Gogh l'avait osé dans sa *Nuit étoilée*, Munch refuse de reproduire le monde ; il le transpose en paysage de tourment où le corps et le cosmos fusionnent. Cette filiation demeure moins une imitation qu'une **parenté d'âmes en détresse**, deux visionnaires convaincus que la **couleur hurle plus fort que la forme**.
Lien probable, faisceau d'indices.