1863 – 1944
Peintre norvégien dont Le Cri condense l'angoisse moderne.
Norvège
Edvard Munch (1863–1944) peint *Le Cri* (1893) — silhouette ondulante sur un pont, ciel en vagues rouges, paysage qui vibre d'une angoisse cosmique — et crée l'image la plus emblématique de l'angoisse existentielle moderne. Cette toile, dont il existe quatre versions peintes et deux gravures, n'est pas un autoportrait au sens strict mais une expérience vécue que Munch note dans son journal : « J'ai ressenti un cri infini traverser la nature ». Ses cycles *La Frise de la vie* — Amour, Anxiété, Peur, Mort — organisent l'expérience humaine en séquences thématiques qui préfigurent la psychologie des profondeurs de Freud.
L'influence de Munch sur l'expressionnisme allemand et autrichien est directe et documentée. Le groupe Die Brücke (Kirchner, Schmidt-Rottluff, Heckel), fondé à Dresde en 1905, revendique sa vision d'une peinture qui déforme le réel pour exprimer l'émotion intérieure. Schiele et Kokoschka à Vienne prolongent son traitement du corps comme champ de tension psychologique. Au cinéma, le Cabinet du docteur Caligari (1920) et le film expressionniste allemand en général héritent de ses ciels distordus et de ses perspectives obliques. *Le Cri* lui-même est devenu une image universelle : Warhol le sérigraphie (1984) ; il apparaît dans la série *Scream* (1996) de Wes Craven comme masque d'horreur pop. Munch a nommé une expérience que le XXe siècle n'a cessé de revivre.
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