La généalogie entre Le Corbusier et Zaha Hadid n'est pas d'abord affaire de formes — le purisme géométrique de l'un s'oppose frontalement à l'architecture fluide de l'autre. Elle réside dans l'**héritage philosophique** que ces deux figures incarnent. Le Corbusier accomplit la rupture majeure du XXe siècle : libérer l'architecture de l'ornement décoratif en proclamant que la forme doit découler d'une **logique abstraite**, rationnelle, quasi scientifique. Son Modulor incarne cette conviction que les proportions obéissent à des principes universels. Zaha Hadid hérite précisément de cette autorisation à penser l'espace comme un espace d'**exploration conceptuelle** plutôt que de tradition formelle. Là où Le Corbusier imposait la géométrie euclidienne et l'épure, Hadid l'étend aux **topologies complexes** permises par le calcul. Toutes deux affrontaient l'académisme, refusaient le mensonge du « joli ». Chez l'une comme l'autre, la **rigueur** du processus créatif — qu'il soit modulaire ou algorithmique — prime sur l'intuition arbitraire. Zaha Hadid n'aurait pu imaginer ses bâtiments courbes sans la révolution conceptuelle que Le Corbusier avait imposée : que l'architecture est d'abord une **pensée**, ensuite une forme.
Lien probable, faisceau d'indices.