Lorsque Georges Seurat émerge du contexte impressionniste des années 1880, il ne cherche pas à perpétuer les gestes rapides et l'intuition optique de Monet ou Renoir. Au contraire, il **théorise la couleur** en se nourrissant de Chevreul et de l'optique de Rood. Son innovation radicale : le **pointillisme**. Plutôt que de mélanger les pigments sur la palette, Seurat place des points minuscules sur la toile, laissant l'œil du spectateur achever le mélange optique. Cette rigueur chromatique transforme l'impressionnisme en un **système**. Avec « Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte », il démontre que la peinture peut être à la fois savante et sensible. En fondant le **néo-impressionnisme**, Seurat établit un mouvement discipliné où chaque coup de pinceau relève de la connaissance optique. Le mouvement ne comptera jamais de nombreux adhérents — Signac, Cross, quelques autres — mais son créateur demeure incontournable. Il a réconcilié **science** et **sensation**, transformant chaque point en acte pictural conscient.
Lien documenté.