Jean-Luc Godard s'impose en **figure de proue** de la **Nouvelle Vague** non par une genèse chronologique, mais par la radicalité de sa pensée cinématographique mise en actes. Ancien **critique aux Cahiers du Cinéma**, il transpose la réflexion théorique en création : son manifeste comportait déjà les germes d'une transformation esthétique totale. Avec *À bout de souffle* (1960), Godard abolit les conventions du cinéma de studio français. Les **jump-cuts** fragmentent la narration, la caméra se fait inquiète, les dialogues s'éternisent ou se résument à des cris bruts. Ce qui choque la génération précédente devient la signature de l'époque. Godard ne filme pas pour dire, il filme pour interroger le cinéma lui-même. Cette **réflexivité** — cette capacité à faire du langage filmique son propre sujet — structure l'élan collectif de la Nouvelle Vague bien au-delà de ses premiers essais. Ses expériences ultérieures sur le son, l'image, la politique, les montages audacieux, en font moins un pionnier qu'un **penseur en dialogue constant** avec son propre médium. La Nouvelle Vague, en Godard, devient ainsi bien plus qu'une génération : une **problématique permanente** du cinéma.
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