Stéphane Mallarmé fut bien davantage qu'un poète : il devint le penseur qui orienta le regard des peintres symbolistes. Au tournant des années 1880, ses théories sur l'**œuvre d'art moderne**, développées dans ses écrits et ses mardis littéraires du 89 rue de Rome, irradièrent l'atelier des peintres en quête de nouvelles formes. Le **Symbolisme**, ce mouvement qui s'empara de l'Europe, doit à Mallarmé sa philosophie : représenter non l'apparence du monde, mais l'**émotion poétique** qu'il suscite. Moreau, Puvis de Chavannes, Redon — ces maîtres du Symbolisme pictural ont lu Mallarmé, ont débattu avec lui. L'**absence** qu'il valorisait en poésie, cette puissance du non-dit, trouva son équivalent dans la peinture symboliste : la forme vaporeuse, le motif nimbé de mystère, l'abandonnement du détail réaliste au profit de la **suggestion**. Mallarmé ne sépara jamais les arts ; il les conçut comme des manifestations d'une même quête métaphysique. Par lui, la littérature devint le foyer d'où rayonna une nouvelle manière de voir.
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